Extrait manuscrit - L'américaine

Extrait manuscrit - L'américaine
L'automobile fonçait à travers les rues de Nice. [...] Une rue, blanche, absente par sa présence au milieu des faubourgs [...] Des enfants, s'effarouchant de vieilles prostituées, une beauté, sublime par la clarté du silence [...] Un restaurant, dans une rue recluse des quartiers nord de la ville. [...] Il vit l'enseigne, arrêta la voiture au milieu de la chaussée.
- Nous sommes arrivés.
Elle jeta sa veste sur le trottoir, voulant salir jusqu'à son apparence. Elle ne portait rien sous sa robe, sa bouche – à demi teintées de rouge à lèvres – explosaient d'obscénité.
- Attends moi... Dans une heure je veux que tu reviennes, j'aurai trouvé quelqu'un.
Elle voulut un spectateur à ce dîner, que l'on perçoive ses caresses sous la table, que l'on constate l'excitation qu'elle provoquerait sur le serveur. Elle voulut que l'on la voit mourir.
Le restaurant était vide; un serveur se tenait à côté de la porte. À moitié endormit, elle lui caressa le visage. Réveillé en sursaut il remit son chapeau et les emmena à une table. De là, ils pouvaient voir la salle noire se remplir de vapeurs.
- Quand viendra-t-il?
- Dans une heure, tout au plus...
Elle commença son charme, ses mains se joignant aux siennes dans une caresse immonde. Ils commandèrent du vin. Il ne s'aperçut pas qu'elle buvait, le serveur la resservant continuellement.
- Je suis saoule et heureuse ce soir, je suis heureuse que tu sois là pour le voir. Elle lui retint la main, de l'autre, elle lui versa de la cire chaude dans la paume.
- On ne peut que désirer ce que l'on brûle.
Elle bruit bruyamment, réprimant un haut le coeur.
- Tu ne peux pas savoir à quel point je te désire dans ton malheur.
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# Posted on Sunday, 27 December 2009 at 1:49 PM

Edited on Thursday, 31 December 2009 at 6:02 AM

L'histoire de l'oeil, Georges Bataille

L'histoire de l'oeil, Georges Bataille
"En général, on goûte les "plaisirs de la chair" à la condition qu'il soient fades..."

L'histoire de l'oeil, Georges Bataille
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# Posted on Tuesday, 15 December 2009 at 1:54 PM

Terreur et frayeur

Terreur et frayeur
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# Posted on Monday, 14 December 2009 at 9:34 AM

Pour en finir avec la Jouissance

Pour en finir avec la Jouissance
Il effleura l'impossible situation de sa mortalité: la saturation de ces soubresauts mémoriels lui fit oublier la jouissance qu'il avait pu acquérir aux creux des femmes. Semblable à une flagellation vécue, il se remémora ces instants où son corps ne lui appartenait plus. Sensible à la moindre véhémence de ses sentiments, il ne pouvait plus contempler les femmes qu'à travers leurs malheurs: une famille détruite, un père alcoolique et violent lui semblèrent être l'accès de sa jouissance.

[...]

Il en oubliait le temps, les heures défilant sur son corps amaigri par des journées de fièvre. Il fallait qu'il avance, qu'il retrouve enfin la possibilité de ses sens. Un jour peut-être découvrirait-il le souvenir de ces temps heureux et lointains où le simple bruissement de feuilles automnales le ramèneraient à l'idée des femmes. [...] Il voyageait dans les catacombes de ses souvenirs martelant sa mémoire aux résidus poussiéreux qu'avaient pu laisser les femmes en lui.

[...]

Il s'assit; semblant contenir un flux et reflux de ses pensées en trahissant la simplicité de son rythme sanguin. Oublier, vivre: voilà comment il voulut souffrir.
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# Posted on Thursday, 10 December 2009 at 3:02 PM

Edited on Sunday, 13 December 2009 at 8:23 AM

Finissons-en avec la volupté

Finissons-en avec la volupté
Tout arrêter; attendre l'instant fatidique où le coeur cessera de battre. Regarder, sentir le regard de l'autre: l'implacable réalité. Brûlure du désir, frictions de l'indicible volupté. Voilà ce qui devait résulter d'un long acharnement à l'amour: décrire, décrier le semblant d'humanité qu'il lui restait.

# Posted on Sunday, 06 December 2009 at 10:07 AM

Edited on Sunday, 06 December 2009 at 2:10 PM