Chambre Bleue

Chambre  Bleue
C'est une chambre bleue
Adjointe à une falaise
L'haleine du vent peureux
Ramène nos esprits aux malaises

Il semble contenir un sourire aigre
La femme caresse ses cheveux
Il maltraite son être
Sur l'air des gens heureux

Elle soupire,
Elle affermit sa mort
A en rire

Il ferme la fenêtre au nord
Il pense au pire
A l'aurore

Matthieu SCHOESER
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# Posté le lundi 09 novembre 2009 16:09

Univers

Univers
Le problème avec l'idéalisme c'est qu'il ne prend pas en compte le réalisme de la mort.
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# Posté le lundi 09 novembre 2009 15:55

"On ne fait point ce qu'on veut lorsque l'écriture à pour but ultime la Littérature." M. SCHOESER

"On ne fait point ce qu'on veut lorsque l'écriture à pour but ultime la Littérature." M. SCHOESER
Est-ce qu'aimer, ou du moins, être aimé rendrait-il les choses palpables, réelles: le sentiment d'appartenance à demi voilé de quelqu'un, une perte infime acceptée de sa propre liberté rendrait-il le monde des sens véridiques?

Savoir que quelqu'un possède en lui une pensée, un souvenir de vous, pas nécessairement votre être, seulement une réminiscence d'une action de votre part, un geste d'une tendresse sans attente, d'une parole marquante perdue au milieu d'une infinité de conversations serait-il le signe d'une immortalité? Finalement, de quoi avons-nous peur? De la mort ou de n'avoir jamais réussi à laisser une marque indélébile sur les gens que nous avons ou non rencontré durant notre existence?

Les bons écrivains ne peuvent souffrir de la perte de soi: après avoir parcouru durant des années les méandres de leur pensée, ils ne leur restent plus que l'attente d'un regard; souvenirs de leurs passés hagards, les écrivains sont les seuls qui réussirent, pour certains, à atteindre la seule forme d'immortalité terrestre.

Et les sentiments amoureux?

Les sentiments amoureux sont l'extase de la possession intime d'autrui, de la construction de souvenirs communs, de la réminiscence constante d'une pensée commune. Les gens qui s'entendent trop ne peuvent être "heureux": les souvenirs précis se basent exclusivement sur des conflits; les souvenirs de bien être ne peuvent être décrit précisément, et surtout, compris par les autres car ils ne se résument qu'à une vague sensation de bien être subjectif. Les conflits se basent donc sur les altercations avec l'autre - pouvant être n'importe qui ou n'importe quoi - le malêtre du regard de l'autre. Pourquoi, par exemple, souvenons-nous de notre premier acte de chair? A cause, en partie, pour la première fois de notre vie, de la dépossession de soi, et du plaisir et du partage de celui-ci, mais surtout au conflit qui s'est produit au sein de nous, dans cette acceptation de partage de soi. Bien sûr, ne révolutionnons point l'acte de chair; rien de beau là dedans; simple simagrée de narcissisme caché sous des conventions sociales: on ne désire en rien posséder l'autre en premier lieu, nous sommes simplement l'un et l'autre les instruments de notre propre désir. La masturbation, elle, ne se voile pas: elle démontre la plus grande qualité de l'Homme; s'aimer pour soi; elle marque l'Homme en lui-même, montre le réel amour.

Finalement, une seule question serait à poser: doit-on s'aimer avant tout ou donner un semblant de sentiment à ce qui nous entoure?
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# Posté le lundi 09 novembre 2009 06:36

Eau morte

Eau morte
Il perdait prise sur les choses, sur son environnement, il sentait le vent souffler sur les moindres parcelles de sa vie, feuilletant, comme un livre à demi ouvert, tout ses souvenirs, ses rires, ses souffrances lasses, ses moments troubles.

Il la chercha en vain dans le Quartier Latin: cette ombre rougissante, ces souliers battus par le refroidissement automnale de la chaussée. Il regarda dans les librairies, bouquinistes d'un autre temps, les bars, les vitres teintés, les visages des passants, l'espoir de revoir ce manteau rouge, ce visage sans présage, cette amitié perdue. Il referma la porte derrière lui. Elle ne lui répondait plus, il ne sut jamais pourquoi: il attendait vainement une lettre, un signe tangible de son existence, il regarda les avis mortuaires, les appels à témoin, il écoutait les conversations de n'importe qui dans l'espoir d'entendre son nom, deux simples syllabes qui formeraient son bonheur. Il essaya un temps de la comprendre, trouver sa mécanique, la chose causale qui l'unirait à elle, de voir la vivacité de ses couleurs, de sortir de son unicité monochromale, manichéenne: il espéra. Il voulut réentendre sa voix, chercha dans ses souvenirs, goûter à nouveau à nouveau à l'éclairante couleur qui lui faisait défauts. Il n'arriva pas à pleurer. La perte de ce visage, de ces traits marqués, il sombrait dans l'ignorance: ses sens primaires le faisaient vaquer sans but dans les rues parisiennes; il savait qu'elle ne se trouverait pas là.

La fin de semaine se préparait dans un brouhaha: elle se résumait aux retrouvailles des champs et d'une verdure semblable à l'air marin. Il voulut s'excuser par lettre déposée au bas de son immeuble; revoir cette robe rouge qui l'avait vu acquérir un jour de septembre. Amant infâme de jalousie, il utilisait son passé comme enivrement de ses peines. Il ne la nomma jamais: forme spirituelle, accès d'un fantasme oublié. Etre sans égal dans la paranoïa amoureuse, ses sentiments inavoués lui récitaient sa conduite: son silence avait des explications plausibles, sa réaction, des négations improbables. Il devait l'aimer, ou du moins, désirer sa reconnaissance: il fallait qu'il revoit ce manteau rouge.
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# Posté le vendredi 06 novembre 2009 14:43

Châpeau bas

Châpeau bas
Que recherchons nous dans la pornographie? Intuitivement, l'acte possible du charnel: nous projetons l'image de l'être désiré à travers ces chairs. Acteurs et actrices ne sont que des vecteurs, des réceptacles des désirs sexuels: on ne veut pas cette femme, mais l'idéale projetée sur elle, l'universel érotisme.
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# Posté le jeudi 29 octobre 2009 19:44

Modifié le vendredi 30 octobre 2009 06:11